Emploi - Retraite

Cumul emploi-retraite: toi aussi, parraine ton vieux!

La réforme des retraites s'annonce comme le grand dossier social de l'année 2010. Les pensions étant trop faibles, certains retraités ont des difficultés à boucler leurs fins de mois. Heureusement, le gouvernement a tout prévu : le cumul emploi-retraite !

sander_123 - flickr - cc « Travailler plus pour gagner plus ». Cette fois, le gouvernement applique son slogan à la réforme des retraites. Xavier Darcos, ministre du Travail et des Affaires sociales, a affiché la couleur des débats dans une interview donnée à Reuters : pour sauver le système par répartition, il faudra travailler plus longtemps.

Les discussions s’annoncent donc déjà houleuses puisque l’âge du départ à la retraite est précieusement défendu par les partenaires sociaux… comme par l’opposition qui n’a pas hésité à taper sur les doigts de la première secrétaire du PS.
Martine Aubry s’était en effet d’abord prononcée, le 17 janvier, pour la possibilité d’un allongement à « 61 ou 62 ans » avant d’être contredite dès le lendemain par le porte-parole de son propre parti, Benoît Hamon.

La réforme des retraites est donc en pôle position dans l’agenda social 2010 du gouvernement. Nicolas Sarkozy en a fait LE dossier de l’année, avec une vision toute personnelle du remède aux faibles pensions actuelles : cumuler emploi et retraite. Une position qu’il n’a pas manqué d’évoquer lors de l’émission « Paroles aux Français » sur TF1.

Cumuler emploi et retraite est déjà possible aujourd’hui. En témoigne Henri Proglio qui,
selon Le Parisien, pourrait bénéficier de sa retraite chez Véolia et, en même temps, de son salaire de président directeur général chez EDF. En toute légalité.

Le cadre légal a en effet été assoupli depuis janvier 2009 pour permettre aux retraités de reprendre une activité. Et ce sans limite de rémunération ! A peine quelques conditions à remplir et le sexagénaire (et plus) peut retrouver le rythme « métro-boulot-dodo » qui le rendait si nostalgique.


La voilà donc la solution pour sauver le système des retraites. Toi aussi participe à l'effort collectif et parraine ton vieux ! Fais lui faire un peu de jardinage ou de bricolage, il sera ravi et tu peux même le commander par internet. Des sites comme bitwiin vous mettent ainsi en relation avec des « super séniors actifs » (euphémisme pour « retraités précaires qui cherchent à boucler leurs fins de mois ») qui vous proposent des services. Des cours de piano par Evelyne aux conseils fiscaux d'Alain, tout est disponible...

Et quel savoir-faire caractérise le mieux nos grands mères ? Le tricot bien entendu !
Goldenhook tire donc sur le fil du retraité-employé et propose ses grands mères tricoteuses. Sur le portail, les photos de 9 mamies. Un clic sur Simone, « fan de son micro-onde triple fonctions » et elle se mettra au travail, au rythme des petits messages qu'il est possible de lui envoyer.

Eh oui, tout s'achète, même les vieux. En libre service en plus...

Echos Campagne Régionales

L'avance de l'UMP recule pour les régionales, selon Opinionway

PARIS (Reuters) - Les listes de la majorité présidentielle restent en tête des intentions de vote (30%) pour le premier tour des élections régionales de mars mais le Parti socialiste gagne du terrain à 27%, selon le baromètre Opinionway-Fiducial pour Le Figaro et LCI.


Les intentions de vote en faveur de l'UMP restent inchangées par rapport au précédent baromètre publié le 10 décembre alors qu'elles progressent de quatre points en faveur du PS.


Viennent ensuite les listes des Verts et d'Europe Ecologie avec 10% (-4), du Front national avec 9% (-1), celles du Front de gauche avec 6% (+2) qui fait jeu égal avec les listes du MoDem, en recul de deux points.


Les listes du Nouveau parti anticapitaliste sont créditées de 4% d'intentions de vote, inchangées par rapport à décembre.

Au total, l'addition des intentions de vote pour la gauche au premier tour du scrutin des 14 et 21 mars atteint 44%, contre 33% pour la droite parlementaire.


Cette enquête a été réalisée les 3 et 4 février auprès d'un échantillon national représentatif de 1.014 personnes âgées de 18 ans et plus.

... Et aussi: les socialistes «anti-Frêche» ont répondu à la demande de rencontre des écologistes du Languedoc-Roussillon, Gilbert Montagné (UMP) fait campagne en Auvergne.


Le député (PS) de l'Essonne, Julien dray, tête de liste départementale aux régionales en

Le député (PS) de l'Essonne, Julien dray, tête de liste
départementale aux régionales en Ile-de-France.

Dray fait sa télé-réalité

La tête de liste socialiste pour les régionales en Essonne, va filmer sa campagne et la diffuser, «en direct ou en léger différé»,
sur son blog et, dans un second temps, sur le site de campagne du chef de file du PS en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Décidé à «créer le buzz», le candidat a souligné que la campagne essonnienne «n'est pas la campagne de Julien Dray, mais d'abord celle d'une équipe», qu’il juge «jeune, métissée et renouvelée». Celui-ci compte, par ailleurs, mener campagne au volant d’un «bus écologique» qui transportera les candidats à la rencontre des habitants.

Rencontre entre PS «anti-Frêche» et Verts

Le PS a accepté une rencontre, «ce week-end» avec les Verts du Languedoc-Rousillon, comme le proposait la tête de liste écologiste dans la région, Jean-Louis Roumégas. L’objectif reste de faire liste commune dès le premier tour pour contrer le président de région sortant, Georges Frêche. Roumégas a précisé à l'AFP avoir «des contacts avec eux» : «On est prêt à caler une réunion» mais «il faut qu'ils nous appellent.» Lieutenant de Martine Aubry, François Lamy a expliqué, de son côté, que l’idée d’une présidence tournante, PS-Europe Ecologie était sur la table mais a exclu l’hypothèse de céder la tête de liste à ses partenaires Verts.

Le chanteur Gilbert Montagné, candidat sur la liste UMP de l'Allier, souhaite «promouvoir l'Auvergne» s'il est élu conseiller régional. Originaire des environs de Vichy (Allier), il veut notamment encourager le «tourisme vert».

... Et sur LibéOrléans, le Modem, avec à sa tête, Marc Fesneau, présente sa liste pour la région Centre.



Dans l’Essonne, Dray (PS) promet de «créer le buzz»

Echos de campagne J-39

Catégories

Archives

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:51

Michel Vauzelle dans le Vaucluse

Lapalud, Camaret et Valréas... Michel Vauzelle s'est rendu, ce mercredi 3 février, dans le Vaucluse à la rencontre des sympathisants du département. Point d'orgue de cette journée, la visite de la maternité de Valréas au terme de laquelle le Président de Région a été reçu par Guy Morin, maire de Valréas. Lors de cette rencontre, l'élu divers droite a demandé à Michel Vauzelle de l'aider dans son combat pour rouvrir sa maternité.

Vauzelle-0114.jpg Vauzelle-0221-copie-1.jpgVauzelle-0246.jpg













Michel VAUZELLE et ses colistiers

vous invitent à une soirée sur le thème

« Les jeunes en PACA »

Ce que la Région a fait pour vous

300.000 chéquiers ciné-lecture 250 organismes de formation professionnelle

Gratuité des manuels scolaires et des équipements d'apprentissage 13 millions d'euros pour les logements étudiants

Aide au financement du BAFA 130 millions d'euros pour les campus...

Plus d'infos sur

www.vauzelle2010.fr

Jeudi 11 février 2010 à 18h30

123, rue Carreterie - Avignon

(Local de campagne de Michel VAUZELLE)

Venez nous dire ce que vous attendez de la Région PACA!

Avec Anthony Zilio, 24 ans, plus jeune candidat du Vaucluse

Soirée suivie d'un apéritif

 

Par Vaucluse - Publié dans : Notre Région PACA - Communauté : Les blogs socialistes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 09:09
Régionales 2010: la carte des divisions de la droite et des erreurs de programme de l'UMP



Elus qui se retirent des listes, comme en Bretagne, dirigeants départementaux qui décident de ne pas faire campagne, comme dans le Nord, élus locaux qui quittent le parti, comme à Niort, liste dissidente comme en Franche-Comté... contrairement à ce que peuvent dire ses ténors, la droite aborde les élections régionales profondément divisée. Sans parler des approximations et erreurs sur les programmes, telle la proposition de Chantal Jouanno d'automatiser la ligne 14, qui l'est déjà.


Grâce à la veille de nombreux militants et sympathisants de gauche sur les réseaux sociaux, nous avons pu réaliser cette carte de la division de la droite et de ses erreurs de programme, basée en quasi-totalité sur des articles de presse. Pour continuer, vous trouverez ci-dessous un formulaire vous permettant de nous envoyer les liens que vous avez repérés.

 


Par Vaucluse - Publié dans : l'UMP - Communauté : Les blogs socialistes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 09:04

La spéculation attaque l’Europe par le sud

L’Espagne, la Grèce et le Portugal, fragilisés par leur dette publique, sont attaqués par les marchés. Conséquences : baisse de l’euro et chute des Bourses.

Du coup, même si une sortie de la Grèce de la zone euro ne paraît guère réaliste, ni sur le

Du coup, même si une sortie de la Grèce de la zone euro ne paraît guère réaliste, ni sur le plan économique, ni sur le plan
politique, la question latente est : l'Union monétaire va-t-elle résister à la tourmente? (AFP Joël Saget)


La finance veut-elle la peau des Etats de la zone euro ? Vendredi, les principaux marchés européens (action, obligation et devises) ont continué leur dégringolade. La Bourse de Paris a perdu 3,40%. Et celle d’Athènes 3,73%. L’euro, lui, est passé sous la barre des 1,36 dollar pour la première fois depuis huit mois. En ligne de mire : les 30 000 milliards de dette publique cumulés par les pays du G7 et la situation de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. Tout cela dans un climat «de très grande nervosité», selon un opérateur parisien.


Qui attaque la Grèce et l’Espagne ?


Plus personne ne le conteste, la situation des finances publiques de la zone euro, y compris celle de la Grèce, ne justifie pas une telle panique des marchés financiers qui, désormais, jouent clairement l’éclatement de la zone euro.
Selon nos informations, émanant à la fois d’autorités de marché et d’établissement financiers, une grande banque d’investissement américaine et deux très importants hedge funds seraient notamment derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur but ? Gagner un maximum d’argent en créant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intérêt de plus en plus élevés tout en spéculant.

Pourquoi ne pas citer les noms ? Parce qu’il s’agit d’un faisceau de présomptions qu’un tribunal risque de juger insuffisant en cas de procès. Et comme le dit un opérateur de marché : «On ne joue pas avec ces gens-là.»


Comment gagner de l’argent avec la dette grecque ?


De mille façons. Grâce à la sophistication extrême des marchés financiers. D’abord, il faut savoir que la dette (c’est-à-dire les obligations d’Etat) est un produit financier comme un autre. Elle a un prix défini par une offre et une demande. Comme pour le baril de pétrole ou une action en Bourse. Or, doutant de la crédibilité de la Grèce à honorer sa dette, les opérateurs de marché exigent une prime de risque plus élevée (donc une hausse des prix). Et le marché n’aime rien d’autre que ces moments où il «joue à se faire peur», pour reprendre l’expression de Nicolas Véron, économiste au Bruegel Institute, car il y a matière à des allers et retours. Rapides et donc très profitables.


Ainsi, d’après nos informations, les deux hedge funds qui tiennent le marché grec ont été furieux de n’avoir reçu que 2 % du dernier emprunt grec (lancé le 25 janvier pour une durée de cinq ans, il a recueilli 25 milliards d’euros de demande, pour 8 milliards finalement levés) et sont décidés à faire courir la panique sur le marché des CDS, les fameux credit default swap. Que recouvre cette appellation ? Un titre d’assurances que l’on contracte pour se prémunir contre un potentiel défaut d’un Etat à qui l’on a prêté de l’argent. Un CDS a un prix et s’échange sur un marché non régulé et totalement opaque.


Vendredi, le CDS grec était à 428 points de base, un niveau sans précédent, alors que celui du Liban plafonnait à 255, ou celui du Maroc à 113… En clair, pour le marché, le risque de faillite de la Grèce serait quatre fois supérieur à celui du Maroc. Ce qui est irréaliste. La réalité du marché du CDS est plus triviale : voilà un far west où il est très facile de gagner beaucoup d’argent. Nos deux hedge funds, comme d’autres, attaquent donc la Grèce en créant de la panique pour faire monter les prix : «les CDS, c’est un puits sans fond : avec 200 millions de dollars, vous jouez comme si vous aviez un milliard de dollars», explique un analyste.

 

À quoi jouent les agences de notation ?

Les voici de nouveau à l’œuvre. Elles sont trois - Standard & Poor’s, Moody’s, les deux anglo-saxonnes, et Fitch, la française - et elles distribuent des notes à la terre entière. Leur métier : évaluer la capacité des emprunteurs à rembourser leurs dettes.

Aucun produit financier n’échappe à leur zèle : aussi bien les obligations émises par Danone, que les produits structurés montés par les banques, mais aussi les fonds levés par les Etats - comme demain la France avec son grand emprunt. Une bonne note, le AAA, et voilà l’investisseur rassuré. Une mauvaise note, B ou moins - chaque agence a son système -, ce sont les taux d’intérêts qui s’envolent et aussi l’addition. Et voilà qu’avec leurs alertes sur les dettes publiques, elles font vaciller les Etats… Elles ont tout de même un sacré «culot», commente un opérateur, ces agences qui ont construit la bombe des subprimes.


Tiennent-elles là leur revanche ? «C’est comme si les agences voulaient récupérer leur réputation perdue», souligne Jean-Charles Rochet, professeur à la School of Economics de Toulouse. Au risque d’ajouter la crise à la crise, en dégradant la note des Etats. «Sans doute peut-on s’interroger sur leur rôle de déclencheur de panique ou d’amplificateur dans la crise», note Benoît de Brossia, analyste chez KBL-Richelieu, pour autant, «c’est logique que des pays laxistes en matière budgétaire, en paient les conséquences».


Que peut faire l’europe pour enrayer cette attaque ?


Calmer les marchés en leur faisant comprendre qu’ils sont victimes de spéculateurs et qu’ils risquent de perdre beaucoup en les suivant. Si le message est entendu, nos deux hedge funds et la banque américaine «vont se retrouver en culotte», affirme un opérateur de marché…

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a ironisé, jeudi, sur les inquiétudes des investisseurs : «Savez-vous que le FMI s’attend à un déficit budgétaire de 6% du PIB en 2010 pour les seize pays de la zone euro ? D’autres grandes nations industrielles, le Japon comme les Etats-Unis, sont-elles à plus de 10.%» Un langage que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre.


L’heure n’est plus au rappel du traité de Maastricht, qui interdit que l’on vienne au secours d’un Etat membre de la zone euro. Si les investisseurs ont la garantie que la Grèce ne coulera pas, le calme reviendra.

Même l’Allemagne commence à comprendre que l’euro est en danger : jeudi, Angela Merkel, la chancelière allemande, a estimé qu’il fallait mettre en place «un gouvernement économique des Vingt-Sept», et va faire avec Paris des propositions communes lors du sommet du 11 février.

 Et il faut aller plus loin dans la régulation : Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, a confirmé hier à Libération qu’il avait l’intention de proposer une directive «sur les marchés des produits dérivés [notamment les CDS, ndlr], dont 80% échappent à tout contrôle alors qu’ils représentent plus de 600 000 milliards de dollars dans le monde. Il faut inverser cette proportion.»

Par Libé - Publié dans : La Crise - Communauté : Les blogs socialistes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 15:33

Les «opinions différentes» de Pierre Joxe

Vous quittez le Conseil constitutionnel dans quelques semaines. A l'heure du bilan, vous écrivez: «Dans une vingtaine de circonstances, c'est une question politique majeure (...) qui a reçu contre mon gré sa réponse politique, revêtue d'un costume juridique plus ou moins élégant, mais taillé sur mesure.» Certaines décisions du Conseil seraient donc essentiellement politiques?

 

Pierre Joxe.- Le Conseil constitutionnel, qui n'est pas une juridiction mais en tient lieu d'une certaine façon, traite d'un droit politique – le droit constitutionnel. Nous n'échappons donc pas à une dimension politique. Quand on vote les lois, il y a des choix politiques; quand on interprète une loi au regard de la Constitution, il y a des choix politiques. Ce qu'il ne faut plus, c'est que la décision prise apparaisse comme la seule possible.

 
Je publie donc l'«opinion différente» que j'avais proposée au Conseil en mars 2009, lorsqu'il a été saisi de la loi sur l'audiovisuel public et de cette incroyable décision de transférer au chef de l'Etat le pouvoir de nomination des chefs de la télé et de la radio d'Etat. Qu'une institution faite pour surveiller l'application de la Constitution ait accepté ce transfert, cela m'a choqué.


Il ne faut pas que les Français pensent qu'une question politique comme celle-là ne pouvait appeler qu'une seule solution juridique – celle d'entériner. Cette «opinion différente», ce n'est pas une pétition de principes, c'est une argumentation juridique irréfutable.

 
La nouvelle procédure de nomination est non seulement contraire à la réforme constitutionnelle d'août 2008, qui a inscrit «la liberté, le pluralisme et l'indépendance des médias» dans notre droit constitutionnel; mais aussi à une jurisprudence ancienne du Conseil, selon laquelle la «nomination par une autorité administrative indépendante» garantit la liberté de communication.

 

À vos yeux, la décision du Conseil de valider cette réforme ne tenait pas la route juridiquement?

 

Je ne pose pas le problème comme ça. C'est une démonstration qui a obtenu la majorité. Elle est donc la décision du Conseil constitutionnel. Mais moi, aujourd'hui, je publie mon argumentation, qui est irréfutable. Si quelqu'un la réfute, j'irai m'excuser...

 

Une décision réfutable du Conseil constitutionnel peut-elle être légitime?

 

Sa légitimité est entière, parce qu'elle a eu la majorité. Mais il est aussi légitime de porter à la connaissance de l'opinion le fait qu'une autre argumentation était possible. Les Français ont le droit de savoir que la décision de mars 2009 constitue un revirement de jurisprudence incompréhensible. Sans «l'opinion différente» que je publie, ils ne l'auraient jamais su... Ou plutôt si, ils l'auraient su dans 25 ans, à l'ouverture des archives du Conseil constitutionnel... En me taisant, j'aurais signifié: “Cette décision du Conseil n'est pas importante, ce n'est pas grave.” Or elle touche au droit de la pensée, au droit de la presse, l'un des fondements et des racines de la démocratie...

Ne valait-il pas mieux publier cette «opinion différente» sur le moment?

 

Je me suis posé la question. Mais dix mois de retard, ce n'est pas grave. J'ai songé à en publier une aussi en 2004, au moment de la loi «Perben 2», qui étendait jusqu'à quatre jours la garde à vue pour les mineurs. J'ai même pensé à partir; je me suis dit: “Je ne vais pas rester là, ligoté. Je fais trop de concessions. C'est contraire à toute la philosophie à laquelle je crois, à l'ordonnance de 1945 (NDLR : relative à l'enfance délinquante), à la tradition française, au principe que le Conseil avait édicté en 2002 (NDLR : l'existence d'un droit pénal spécial pour les mineurs)”...

 

Pourquoi être resté?


Pour continuer à batailler, argumenter. Après coup, je ne le regrette pas. Je pourrais le regretter seulement du point de vue de mon confort personnel... Après 2004, j'ai été minoritaire sur d'autres sujets majeurs, en particulier la loi créant le CPE (Contrat première embauche)... La cote d'alerte, pour moi, a finalement été atteinte avec la décision de 2009 sur la nomination des présidents de l'audiovisuel public.

C'est comme une cocotte-minute: il y a un moment où la vapeur doit sortir – sans cela ça explose... Ce moment arrive quand on inverse le sens de l'histoire sur la liberté de la presse, la liberté de pensée...

 

Mais cette prise de position en faveur des «opinons séparées» n'a pas qu'un intérêt circonstanciel: elle tombe à pic ...


C'est-à-dire ?


À la suite de la réforme constitutionnelle de 2008, le Conseil s'apprête à subir une transformation en profondeur. En 1958, en effet, seuls le Président de la République, le Premier ministre, le Président de l'Assemblée nationale et celui du Sénat pouvaient saisir le Conseil; en 1974, 60 députés ou 60 sénateurs; le mois prochain, 60 millions de Français pourront soulever la question préalable de constitutionnalité (NDLR : s'ils se retrouvent devant n'importe quelle juridiction, tribunal de grande instance ou administratif, y compris devant les prud'hommes): tout citoyen, toute personne morale de droit privé ou public, toute association, toute entreprise, toute collectivité locale, pourra saisir le conseil (NDLR : après le filtre de la Cour de cassation ou du Conseil d'Etat).

 
Une telle ouverture transforme profondément le Conseil et son rôle... D'autant plus que Jean-Louis Debré (NDLR : président du Conseil) a décidé – et je pense qu'il a eu raison – de faire en sorte que les débats soient publics et télévisés! Dans ces circonstances, la position que j'ai prise en faveur des «opinions séparées» arrive à point nommé...

Des «généraux félons de l'OAS» à la cellule dite «antiterroriste» du président Mitterrand


A l'étranger, la publication de telles opinions divergentes est courante...

 

A la Cour européenne des droits de l'Homme, elles sont même accompagnées d'un détail des votes. L'«opinion séparée» est aussi courante à la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, à Madrid, à la Cour suprême des Etats-Unis depuis deux siècles.... Quand il y a un débat, un désaccord profond, on le sait, et on sait sur quoi il porte. Le tribunal constitutionnel espagnol a par exemple rendu une décision sur une question qui peut paraître curieuse: est-ce qu'on doit condamner plus lourdement un homme qui bat sa femme, qu'une femme qui bat son homme?

 

Evidemment, on peut dire: «Ah non! Egalité devant la loi, etc.» Mais le tribunal s'est posé la question et a tranché ainsi: culturellement, il y a plus d'hommes qui battent les femmes; physiologiquement, les hommes sont statistiquement plus forts que les femmes. Donc en équité, en justice, et dans un but de prévention, il faut être plus sévère avec un homme qui bat sa femme, qu'avec une femme qui bat son homme. C'est un débat juridique, philosophique, historique...

Eh bien le tribunal constitutionnel espagnol a pris sa décision, mais celle-ci était accompagnée de deux «opinions différentes»... En France, ce sera bientôt exigé par l'opinion. Les Français, autorisés à saisir le Conseil, ne supporteront pas qu'on leur dise: «La décision, boom, c'est comme ça!»...

 

Toute décision est discutable. Toute décision résulte de confrontations de points de vue. Il est rare qu'il n'y ait qu'une solution juridique, qu'une seule bonne réponse; il n'est pas mauvais de savoir quelles sont les réponses qui ont été jugées mauvaises.

 

Dans votre livre, vous revenez par ailleurs sur vos vingt années de carrière politique, comme député du PS et ministre de François Mitterrand. Et vous écrivez que votre «plus mauvais souvenir» aura été l'affaire «des généraux félons de l'OAS». En 1982, vous présidiez le groupe socialiste de l'Assemblée nationale quand le pouvoir exécutif a décidé de réintégrer dans l'armée ces généraux qui avaient pris les armes contre la République, vingt ans plus tôt en Algérie. Vous étiez très opposé à cette mesure, qui est finalement passée. Auriez-vous dû démissionner ?

 

J'ai cela sur le cœur depuis longtemps. Je pense aujourd'hui que j'ai eu tort de ne pas démissionner. Cela aurait été un coup fumant individuel et, d'une certaine façon, un défi à Mitterrand. Mais lui-même me faisait un coup vache en laissant passer cette loi ; il m'a feinté en recourant à l'article 49.3 de la Constitution (NDLR : qui permettait au gouvernement de faire adopter un texte de loi, sauf à obliger les parlementaires à le renverser). Je me suis écrasé, après avoir mené la bataille.

J'ai décidé de ne pas me fabriquer une auréole et je n'ai pas démissionné, alors que j'aurais très certainement été réélu député de mon département.

 

Au sujet de la cellule dite « antiterroriste » de l'Elysée et de ses «écoutes» illégales (hommes politiques, avocats, journalistes, etc.), vous révélez que le président Mitterrand vous a plusieurs fois demandé de nommer au rang de préfet le gendarme Christian Prouteau, qui dirigeait cette cellule présidentielle. Pourquoi avez-vous fini par céder ?

 

Mitterrand y tenait. Une fois, deux fois, cinq fois, il m'a demandé que Prouteau soit nommé préfet, en conseil des ministres et sur ma proposition de ministre de l'intérieur. Mais il n'y avait pas de raison que Prouteau devienne préfet... C'était un militaire déviant, qu'on avait laissé dévier ; ce n'était pas entièrement de sa faute, il évoluait dans un cadre juridique non structuré, où tout et n'importe quoi pouvait arriver. J'ai fini par céder, devant les blocages et les retards qui s'appliquaient progressivement à mes décisions de ministre, petites ou grandes, de la part des collaborateurs de Mitterrand ou du secrétaire général de l'Elysée... Je ne pouvais plus travailler normalement.

 

S'agissant du système d'écoutes qui dépendait de moi, ministre de l'intérieur, tout avait été minutieusement organisé. Et j'ai pris des sanctions contre des fonctionnaires qui avaient biaisé, par exemple en faisant écouter la petite amie d'un avocat, alors qu'il était formellement interdit de placer un avocat sur écoutes.

 


Votre premier livre, en 1963, était un manuel scolaire d'instruction civique, pour les élèves des classes de seconde. A vous lire aujourd'hui, on mesure les rapports compliqués de la théorie et de la pratique...

 

Quand j'étais ministre de l'intérieur, je m'opposais au développement des machines à sous, les « bandits manchots », dans les casinos. C'était la porte ouverte à toutes les fraudes, au blanchiment d'argent sale, à la corruption... Quand j'ai quitté le ministère, la porte a été de nouveau ouverte.

 

Dans la vie publique, on est souvent conduit à choisir entre deux normes qui s'affrontent – la fameuse distinction de Max Weber sur l'éthique de responsabilité et l'éthique de conviction. On doit les combiner et arbitrer, seul et avec d'autres, à un moment donné et en laissant passer le temps. Parfois on peut s'opposer, d'autres fois on ne le peut pas, notamment pour ne pas multiplier les conflits. Mais je n'ai jamais transigé sur les libertés.

Par Médiapart - Publié dans : Culture - Communauté : Les blogs socialistes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 08:37

Polices municipales, la tentation de la répression

Le 20 janvier, un jeune homme de Woippy (Moselle) est mort en tentant d'échapper à une patrouille de la police municipale. Jeudi 4 février, des milliers de policiers municipaux ont manifesté en soulignant les «risques égaux» qu'ils partagent avec les policiers nationaux. Le tout indique combien les missions des polices municipales ont évolué, ces dernières années. Dans le plus grand désordre.

Brice Hortefeux, ministre de la police nationale, le dit carrément en ce début 2010: il faut «développer une collaboration opérationnelle renforcée avec les polices municipales». Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, l'indiquait déjà en 2005: «C'est une stratégie globale qui a été mise en œuvre: les pouvoirs des polices municipales ont été précisés, des compétences leur ont été reconnues en matière de sécurité routière.» Et leur collègue Dominique de Villepin ne disait guère autre chose à l'époque, le 20 septembre 2004 à Woippy (Moselle).

 

 

Le ministre de l'époque inaugurait alors la «Maison des polices» de cette petite ville proche de Metz. Il s'agissait, symboliquement, du premier hôtel de police de France à accueillir, dans un même bâtiment, des policiers nationaux et municipaux. Dominique de Villepin y voyait «le fruit d'une coopération exemplaire entre l'Etat, le Conseil général et la commune de Woippy. C'est aussi le signe de la volonté commune de la police nationale et municipale de travailler ensemble au service des habitants de Woippy».

Et le ministre de l'intérieur invitait les policiers municipaux et nationaux à faire reculer, ensemble, la délinquance: «Des marges de progression existent, et je vous invite à bien réfléchir à l'adaptation de votre action et de votre présence. N'hésitez pas à bousculer les habitudes: analysez la situation sur le terrain et tirez-en toutes les conséquences.»


Dans cette ville de Woippy, précisément, un drame vient d'impliquer la police municipale. Si le détour historique par la «Maison des polices» s'impose, c'est parce qu'il illustre les ambiguïtés du développement de cette force de sécurité territoriale qui, ici où là, hésite toujours entre prévention et répression.

On se souvient que, le 20 janvier 2010 dans la nuit, trois jeunes gens montés sur un même scooter aux feux éteints et ne portant pas de casque ont croisé une voiture de la police municipale qui les a poursuivis. Le scooter a dérapé dans un virage; un des trois jeunes gens a été éjecté du véhicule et il est mort sur le coup, la boîte crânienne enfoncée; ses deux compagnons ont été grièvement blessés.

Après coup, l'enquête a établi que le scooter étaitvolé et que la voiture de police n'avait pas heurté le deux-roues. Les policiers municipaux «ont respecté les consignes qui leur avaient été données pour ce type d'intervention», a commenté le député et maire de Woippy.


Un fin connaisseur de la chose policière, le commissaire honoraire Georges Moréas, a aussitôt nuancé le propos. Dans les écoles de la police nationale, on apprend à ne pas se lancer à la poursuite d'un véhicule dont le conducteur a commis une infraction, a-t-il souligné sur son blog. Pour une raison de bonne police: «Les conséquences peuvent être disproportionnées par rapport à l'infraction commise.»

Pour le commissaire Moréas, les policiers municipaux n'auraient donc pas dû poursuivre le scooter – d'autant moins que leurs pouvoirs judiciaires sont bien moins établis que ceux des policiers de l'Etat. «En une dizaine d'années, les policiers municipaux ont pris une place signifiante dans de nombreuses communes et l'on peut se demander s'ils sont bien utilisés. Ne serait-il pas temps de répartir les tâches?»,interroge l'ancien commissaire de la PJ.
 

La diversité des missions illustrée sur le site du Syndicat national des policiers municipaux
La diversité des missions illustrée sur le site du Syndicat national des policiers municipaux

«A travail et risques égaux sur la voie publique, salaires égaux»


Police de relations ou de répressions? La même question est posée par le sociologue Virginie Malochet. Chaque maire tend en effet à assigner ses propres missions prioritaires à «sa» police municipale. Certains élus privilégient «une police de proximité fondue dans la communauté locale» et «affirment que la sécurité doit rester l'affaire de l'Etat», note l'universitaire.

D'autres maires «prônent le renforcement du rôle de maire et réclament plus de pouvoir de police»; ils confèrent à leur police municipale «des visées sécuritaires» et ils «mettent l'accent sur le contrôle et la lutte contre la délinquance. Ils arment leurs agents, les encouragent à appliquer leurs prérogatives répressives et les chargent de “repolicer” la ville», observe encore Virginie Malochet.

Ces deux grandes approches «ne recoupent pas systématiquement les clivages gauche/droite», ajoute la sociologue dans son étude pour l'Institut national des hautes études de sécurité.
 

Logiquement, face à ce «grand écart» des missions, les policiers municipaux lorgnent vers les «avantages sociaux» des fonctionnaires de la police d'Etat. Avec un slogan évocateur, pour la grève des PV organisée ce 4 février par l'organisation majoritaire dans la profession: «A travail et risques égaux sur la voie publique, salaires égaux», affirme le Syndicat national des policiers municipaux.

 

Il est vrai que des pouvoirs de répression croissants ont été confiés aux polices municipales depuis la loi du 15 avril 1999, portée par Jean-Pierre Chevènement, qui leur accorda des compétences judiciaires jusqu'alors réservées aux seuls policiers d'Etat. La future loi «pour la performance de la sécurité intérieure» va encore forcer le trait.

Elle prévoit de doter des pouvoirs d'agent de police judiciaire les directeurs de police municipale (d'au moins 40 agents) «afin d'améliorer la coordination entre polices municipales et police nationale ou gendarmerie», selon son rapporteur et député (UMP) Eric Ciotti (Alpes-Maritimes). Les policiers municipaux pourront désormais effectuer des «contrôles d'alcoolémie» ou procéder à des «contrôles d'identité» sous la responsabilité d'un OPJ.

Ou encore fouiller des bagages lors de manifestations sportives ou culturelles accueillant plus de trois cents personnes, selon le rapport de la commission des lois en date du 27 janvier.

 

Protestations à gauche, où l'on refuse un tel transfert de missions aux collectivités territoriales. Le gouvernement veut promouvoir «un nouveau désengagement de l'Etat», déplore ainsi la députée (PS) Delphine Batho: «On réduit le format des forces nationales de sécurité, et on organise la montée en puissance des polices municipales sur des tâches régaliennes, en leur permettant de procéder à des vérifications d'identité ou à des contrôles d'alcoolémie...»

«C'est ainsi par exemple que le maire peut décider, ou non, d'armer sa police municipale»


A écouter le ministre de la police et de la gendarmerie nationales, on n'en est pas très loin. «Je suis favorable à une collaboration opérationnelle renforcée avec les polices municipales, a affirmé Brice Hortefeux lors de sa première conférence de presse, le 12 novembre 2009. La complémentarité entre l'État et les collectivités territoriales est la pierre angulaire de notre architecture de sécurité intérieure. Cette complémentarité s'incarne au plan local à travers les conventions de coordination, conventions que je souhaite renforcer en les inscrivant dans les dispositifs territoriaux de prévention et de lutte contre la délinquance.»

 

 

Pour l'heure, moins de 10% des villes françaises disposent d'une police municipale et le nombre de leurs fonctionnaires municipaux tourne autour de 20.000 policiers. «Leurs missions, loin de s'inscrire dans un cadre uniforme, sont étroitement liées à l'idéologie locale et dépendent de multiples facteurs construisant les contextes locaux de sécurité», relève le député socialiste Jean-Jacques Urvoas dans le livre qu'il vient de publier. «C'est ainsi par exemple que le maire peut décider, ou non, d'armer sa police municipale, de la doter, ou non, de menottes, de bâtons de défense ou de bombes lacrymogènes.» Et d'interroger: «Notre pays a-t-il besoin de polices municipales orientées vers l'îlotage, la prévention, la médiation, ou davantage tournées vers le flagrant délit et l'interpellation des délinquants?»

 

Le débat sera bientôt tranché par la loi sur la sécurité, examinée la semaine prochaine à l'Assemblée nationale. Dans son étude sur les polices municipales en Ile-de-France, le sociologue Tanguy Le Goff souligne cependant «la fréquence des interventions relevant de la police de la route (74 %), quelle que soit la taille des polices municipales».

 Dans cette région où une commune sur trois s'est dotée d'une police de ce type, «le travail de répression des infractions pénales au code de la route prend une part importante» (excès de vitesse, dépassement dangereux, non-respect des sens interdits, stops et feux tricolores, absence du port de la ceinture de sécurité, etc.).

 

 

La tentation sera grande, pour la majorité gouvernementale, de s'appuyer sur le mouvement répressif en vigueur dans plusieurs «grosses» polices municipales du sud de la France ou de l'Ile-de-France. «Dans les communes importantes, 10 % des polices municipales répondent qu'elles réalisent, une fois par semaine, des opérations de “flagrant délit”, ajoute le sociologue, dans cette étude d'avril 2009. Les policiers municipaux interviennent alors sous couvert de la loi pénale qui autorise «toute personne» à appréhender un délinquant ou un criminel dans des situations de flagrance.

«Pour les grands services de police municipale, ce type d'intervention est très régulier
(53 % des répondants disent l'assurer tous les jours ou presque). Ceci est significatif d'une transformation du travail des policiers municipaux, qui tendent à se rapprocher dans leurs missions, et dans leurs pratiques professionnelles, de celles des policiers nationaux.»

 

Dans ce débat sur la dominante préventive ou répressive des polices municipales, la question de l'armement donne une indication des préférences gouvernementales.

En septembre 2009, le Conseil d'Etat a ainsi annulé le décret les autorisant à doter leurs fonctionnaires de pistolets à impulsion électrique (Taser), au motif que leur «usage» n'était pas «précisément encadré et contrôlé» dans les polices municipales.

Le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux a eu vite fait d'annoncer la couleur: un nouveau décret permettra d'améliorer la formation des policiers municipaux et de les doter, à nouveau, de ces armements.

Par Médiapart - Publié dans : Sécurité - Communauté : Les blogs socialistes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Créer un Blog

Ilmanque 1 millionde logements

Exclusif : 5 millions de locataires virés en 13 ans!

Comme chaque année, le scandale du logement refait surface avec la publication du rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre  : il manque un million de logements en France, mais la crise touche maintenant les classes moyennes : entre 1998 et 2009, près de 5 millions de personnes ont dû se trouver un nouveau toit, chassées par des hausses de loyers insoutenables ou des congés pour ventes.

Louison 

Cela aurait pu être pire : on a oublié que Nicolas Sarkozy avait proposé en 2006, comme réponse à la crise du logement, de « rendre possible l’accès à la propriété pour tous », via la généralisation du crédit hypothécaire, une sorte de cousin germain des fumeux prêts subprimes américains.

Exécrable solution. Heureusement, les banquiers - pour une fois bien inspirés - avaient traîné des pieds et la crise déclenchée par ces produits financiers, a conduit le président à répudier son « idée géniale » et faire dans le classique: l’aide à l’accès à la propriété via une déduction fiscale des intérêts de l’emprunt. Cette solution a, depuis longtemps, montré son inefficacité.

Elle renchérit les prix de l’immobilier. Elle ne créée pas un logement. Mais elle a l’immense avantage, comme la plupart des arbitrages fiscaux qui lui feront suite (bouclier fiscal, TVA réduite dans la restauration, baisse de l’impôt sur les successions) d’être populaire…dans la clientèle électorale de l’UMP.

Elle n'allège en rien l’énorme étreinte que constituent désormais loyers et traites dans le budget des ménages : 25 % de leurs dépenses, contre 20 % à la fin des années 1980, et moins de 11% en 1960.

Part de la dépense logement (loyer et charges) dans le budget des ménages (Source: Insee)

Part de la dépense logement (loyer et charges) dans le budget des ménages (Source: Insee)

Les 500 000 mal logés ne sont que la partie visible de l’iceberg. Mais toutes les catégories sociales ont été affectés, même les classes moyennes supérieures. Jusqu’au milieu des années 90, celles-ci se croyaient protégées, et même gagnantes dans ce formidable processus de réallocation des richesses.

Elles ont vite déchanté, ainsi que le montre Gabrielle Fack, professeur d’économie à l’université Pompeu Fabra à Barcelone. Ses calculs mesurent que le taux d'effort net des ménages moyens est passé de 22 % à 30 % du revenu entre 1998 et 2006 pour les accédants à la propriété et celui des locataires du parc privé de 19 % à 30 %, jusqu’à 40% de Île-de-France !

Le logement, immédiatement vital, n’a pas d’élasticité au prix. Les Français modestes se mettent la corde au cou. En revanche, cette progression est beaucoup moins sensible pour les ménages disposant de hauts revenus. L’effort passe de 18 % à 21 % pour les accédants à la propriété. Un tel choc n’a évidemment pas été sans conséquence sur les arbitrages budgétaires des ménages. Nombre d’entre eux ont du quitter leur quartier et trouver un toit plus clément pour leur portefeuille, et souvent plus loin. Chassés par la hausse des prix, souvent par congé-vente.

Courbe 1: taux de variation des loyers. Courbe 2: taux de mobilité. Source : Rapport du Clameur du 1er mars 2007 (calculs détaillés ici)
Selon les calculs de Marianne, ce sont prés de 320 000 personnes par an qui ont ainsi été ainsi contraintes de déménager. En douze ans, entre 1996 et 2007, le total atteint 4 millions. Il a continué à s’aggraver de près d’un million depuis 2007. Ce formidable exode, plus rapide que ne le fut l’exode rural d’après guerre, est cependant passé inaperçu mis à part quelques ventes à la découpe, localisées et donc parfois visibles.

Il a pourtant naturellement abouti à une intense réallocation spatiale, autrement dit à des millions de déménagements vers des localités éloignées des villes dont les loyers sont plus modéré. La hausse des prix à l’achat, une progression de 2,5 fois depuis 1996, et avec elle celle des loyers, le congé pour vente, ont rebattu les cartes des choix résidentiels et accentué le regroupement, déjà à l’œuvre, des ménages par niveau de revenus. .

Ce dérapage ne doit rien au hasard. La libéralisation des prix, depuis la loi Méhaignerie de 1986, comme les facilités accordées aux congés pour ventes, les fameuse ventes à la découpe, ont créé le « malaise résidentiel », comme l’identifie
le 15 eme rapport de la fondation Abbé-Pierre

Le million de logements qui manque à l’appel en France n'est pas pour rien dans cette situation – pénurie que devait justement combler la déréglementation. Ils sont pourtant le (non) produit de 30 ans de politique de logement. L’effort public représente aujourd’hui moins de 2 % du PIB, en constante diminution, et porte pour l’essentiel sur des programmes de soutient à l’investissement locatif comme les funestes Robien ou Borloo qui ne créent pas un logement, tandis que l’offre de logements dans le parc social se raréfie.

Les plans de ventes de HLM de Benoît Apparu, le nouveau ministre en charge du logement, ne font qu’amplifier ce phénomène. Les Français sont regroupés par niveau de revenus. La création de ghettos, et discrimination sociale par le logement s’accélèrent.

Derrière apparait la question de l'école, et de la lutte pour l'accès à un enseignement de qualité, le plus souvent niché dans l'hyper centre des agglomérations, comme l’ont montré les travaux du géographe
Christophe Guilly, dans son Atlas des nouvelles fractures sociales. Et c'est tant pis pour les classes moyennes reléguées dans les zones périurbaines, comme l'ont démontré deux autres auteurs, Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, que Marianne2 a déjà évoqué à plusieurs reprises.
 

En matière de logement, le sarkozysme se situera plutôt dans la continuation que dans la rupture. On pourrait même parler d'aggravation. Apparemment, ce bilan évident ne semble guère émouvoir l'héritier officiel de l'Abbé Pierre, Martin Hirsh.

Marianne

Recherche

Les repentis font parler d'eux

Schuller, Noir, Botton : les repentis refont parler d'eux

Encore des nouvelles d'une vedette des affaires des années 90 : Didier Schuller s'envole ce samedi pour Saint-Domingue. Pas pour fuir la justice française, comme en 1994, lorsque le conseiller général RPR des Hauts-de-Seine avait choisi les Caraïbes pour se cacher des juges. Cette fois, il est libre et veut relancer sa carrière de consultant.

Ce discret retour médiatique (seuls trois sites ont repris la dépêche) d'un des héros des frasques politico-financières du RPR des années 90 en rappelle deux autres, récents aussi, et plus ou moins discrets : ceux de Michel Noir et de son ex-gendre Pierre Botton.

D'autres repris de justice de la grande époque, comme Alain Carignon (ex-maire de Grenoble) ou le centriste Michel Mouillot (ex-maire de Cannes), font peu de bruit en dehors de leurs régions d'origine. L'ex-socialiste et ancien maire d'Angoulême Jean-Michel Boucheron semble, lui, complètement tombé dans l'oubli.

Mais Schuller, Botton et Noir font encore parler d'eux.


Schuller : l'irrésistible appel de Saint-Domingue
 

Didier Schuller (Reuters)Vendredi, Didier Schuller, 62 ans, a rendu son bracelet électronique. Il a purgé la peine, prononcée en janvier 2007, de trois ans de prison dont un an ferme, 150 000 euros d'amende, privation de ses droits civiques, civils et familiaux pour cinq ans. Son motif ? Le financement occulte de sa carrière politique à Clichy (Hauts-de-Seine) par des entreprises du BTP.

Interrogé par l'AFP, Didier Schuller a déclaré :

« Je pars ce jour samedi pour Saint-Domingue […] J'y vais pour relancer ma carrière de conseil à l'exportation, j'y vais notamment pour aider un exportateur de blé français qui n'a pas été payé. »

 

Cette annonce nous ramène immanquablement à la fin du règne de François Mitterrand, quand Didier Schuller a offert à la chronique politico-financière un des feuilletons les plus rocambolesques d'une époque qui en a compté beaucoup.

En 1994, cet énarque proche de Charles Pasqua et de Patrick Balkany, très impliqué dans la gestion des HLM et dans la vie du conseil général des Hauts-de-Seine, donne son nom à un scandale : l'affaire Schuller-Maréchal. Beau-père du juge Eric Halphen, qui enquêtait sur le financement occulte du RPR, Jean-Pierre Maréchal est soupçonné d'avoir soutiré un million de francs à Schuller pour lui assurer la clémence de son gendre.

Pendant sa cavale, il a développé ses réseaux en Amérique latine

Lorsque le scandale éclate, Didier Schuller, 47 ans, s'enfuit aux Bahamas avec sa maîtresse de 23 ans, en laissant sa famille en France. Puis le couple s'installe en République dominicaine, où Schuller développe une activité de conseil pour les entreprises ou les politiques de l'île.

Rentré en France en 2002, Schuller n'a pas pu revenir en politique comme il le voulait : inéligible jusqu'en 2012, il n'exclut pas de se représenter ensuite :
« Mais avant de penser à un retour à la politique, je veux relancer ma carrière de conseil à l'exportation en Amérique latine, une région que je connais bien. »

Botton : il veut la transformer la prison

Pierre Botton (Reuters)C'est une belle réhabilitation pour un ancien condamné : en janvier, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a investi Pierre Botton d'une mission officielle de la République, pour améliorer les prisons.

Homme d'affaires et gendre du maire RPR de Lyon Michel Noir, Pierre Botton avait été condamné pour banqueroute et abus de biens sociaux à cinq ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, et 200 000 francs d'amende. Les deux hommes étaient poursuivis pour avoir perçu 1,3 million d'euros de virement occultes venus de trois entreprises de BTP, à la fin des années 80.

Botton a passé vingt mois derrière les barreaux, jusqu'en 1998. Depuis, il déclare que « le système judiciaire a sauvé [sa] vie », et il n'est plus le gendre de Michel Noir. Il est en revanche un ami de vingt ans de Nicolas Sarkozy, comme il le déclarait en janvier place Vendôme.

Noir : les affaires, c'est toujours mieux en famille

Michel Noir (Reuters)Pierre Botton et Michel Noir ne sont plus de la même famille, le premier s'étant séparé de la fille du second. Mais l'ancien maire RPR de Lyon, plusieurs fois condamné à de la prison avec sursis pour recel d'abus de bien sociaux, notamment au détriment des sociétés de Botton, continue de faire affaire avec ses proches.

En décembre, Eco89 a révélé un contrat qui, a priori, n'a rien d'illégal. Michel Noir possède aujourd'hui Arnava, une entreprise de conseil spécialisée dans « l'assessment » (l'évaluation) des cadres dirigeants. Mais les affaires de l'ancien ministre ne vont pas très fort, ces dernières années.

L'arrivée de son fils -et presque homonyme- Jean-Michel Noir à la présidence de La Redoute en février 2009 lui a permis de rebondir un peu. Cet automne, 60 cadres dirigeants de la Redoute ont été évalués par Arnava.

Interrogé sur ce léger soupçon de népotisme (tout à fait légal), un porte-parole du groupe PPR, qui possède La Redoute, n'y voyait rien de choquant :

« La société Arnava figure depuis plusieurs années dans la liste des prestataires utilisés par la direction des ressources humaines de PPR. C'est à ce titre que notre enseigne La Redoute a été amenée à travailler avec eux. »

Présentation

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus