Emploi - Retraite

Cumul emploi-retraite: toi aussi, parraine ton vieux!

La réforme des retraites s'annonce comme le grand dossier social de l'année 2010. Les pensions étant trop faibles, certains retraités ont des difficultés à boucler leurs fins de mois. Heureusement, le gouvernement a tout prévu : le cumul emploi-retraite !

sander_123 - flickr - cc « Travailler plus pour gagner plus ». Cette fois, le gouvernement applique son slogan à la réforme des retraites. Xavier Darcos, ministre du Travail et des Affaires sociales, a affiché la couleur des débats dans une interview donnée à Reuters : pour sauver le système par répartition, il faudra travailler plus longtemps.

Les discussions s’annoncent donc déjà houleuses puisque l’âge du départ à la retraite est précieusement défendu par les partenaires sociaux… comme par l’opposition qui n’a pas hésité à taper sur les doigts de la première secrétaire du PS.
Martine Aubry s’était en effet d’abord prononcée, le 17 janvier, pour la possibilité d’un allongement à « 61 ou 62 ans » avant d’être contredite dès le lendemain par le porte-parole de son propre parti, Benoît Hamon.

La réforme des retraites est donc en pôle position dans l’agenda social 2010 du gouvernement. Nicolas Sarkozy en a fait LE dossier de l’année, avec une vision toute personnelle du remède aux faibles pensions actuelles : cumuler emploi et retraite. Une position qu’il n’a pas manqué d’évoquer lors de l’émission « Paroles aux Français » sur TF1.

Cumuler emploi et retraite est déjà possible aujourd’hui. En témoigne Henri Proglio qui,
selon Le Parisien, pourrait bénéficier de sa retraite chez Véolia et, en même temps, de son salaire de président directeur général chez EDF. En toute légalité.

Le cadre légal a en effet été assoupli depuis janvier 2009 pour permettre aux retraités de reprendre une activité. Et ce sans limite de rémunération ! A peine quelques conditions à remplir et le sexagénaire (et plus) peut retrouver le rythme « métro-boulot-dodo » qui le rendait si nostalgique.


La voilà donc la solution pour sauver le système des retraites. Toi aussi participe à l'effort collectif et parraine ton vieux ! Fais lui faire un peu de jardinage ou de bricolage, il sera ravi et tu peux même le commander par internet. Des sites comme bitwiin vous mettent ainsi en relation avec des « super séniors actifs » (euphémisme pour « retraités précaires qui cherchent à boucler leurs fins de mois ») qui vous proposent des services. Des cours de piano par Evelyne aux conseils fiscaux d'Alain, tout est disponible...

Et quel savoir-faire caractérise le mieux nos grands mères ? Le tricot bien entendu !
Goldenhook tire donc sur le fil du retraité-employé et propose ses grands mères tricoteuses. Sur le portail, les photos de 9 mamies. Un clic sur Simone, « fan de son micro-onde triple fonctions » et elle se mettra au travail, au rythme des petits messages qu'il est possible de lui envoyer.

Eh oui, tout s'achète, même les vieux. En libre service en plus...

Echos Campagne Régionales

L'avance de l'UMP recule pour les régionales, selon Opinionway

PARIS (Reuters) - Les listes de la majorité présidentielle restent en tête des intentions de vote (30%) pour le premier tour des élections régionales de mars mais le Parti socialiste gagne du terrain à 27%, selon le baromètre Opinionway-Fiducial pour Le Figaro et LCI.


Les intentions de vote en faveur de l'UMP restent inchangées par rapport au précédent baromètre publié le 10 décembre alors qu'elles progressent de quatre points en faveur du PS.


Viennent ensuite les listes des Verts et d'Europe Ecologie avec 10% (-4), du Front national avec 9% (-1), celles du Front de gauche avec 6% (+2) qui fait jeu égal avec les listes du MoDem, en recul de deux points.


Les listes du Nouveau parti anticapitaliste sont créditées de 4% d'intentions de vote, inchangées par rapport à décembre.

Au total, l'addition des intentions de vote pour la gauche au premier tour du scrutin des 14 et 21 mars atteint 44%, contre 33% pour la droite parlementaire.


Cette enquête a été réalisée les 3 et 4 février auprès d'un échantillon national représentatif de 1.014 personnes âgées de 18 ans et plus.

... Et aussi: les socialistes «anti-Frêche» ont répondu à la demande de rencontre des écologistes du Languedoc-Roussillon, Gilbert Montagné (UMP) fait campagne en Auvergne.


Le député (PS) de l'Essonne, Julien dray, tête de liste départementale aux régionales en

Le député (PS) de l'Essonne, Julien dray, tête de liste
départementale aux régionales en Ile-de-France.

Dray fait sa télé-réalité

La tête de liste socialiste pour les régionales en Essonne, va filmer sa campagne et la diffuser, «en direct ou en léger différé»,
sur son blog et, dans un second temps, sur le site de campagne du chef de file du PS en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Décidé à «créer le buzz», le candidat a souligné que la campagne essonnienne «n'est pas la campagne de Julien Dray, mais d'abord celle d'une équipe», qu’il juge «jeune, métissée et renouvelée». Celui-ci compte, par ailleurs, mener campagne au volant d’un «bus écologique» qui transportera les candidats à la rencontre des habitants.

Rencontre entre PS «anti-Frêche» et Verts

Le PS a accepté une rencontre, «ce week-end» avec les Verts du Languedoc-Rousillon, comme le proposait la tête de liste écologiste dans la région, Jean-Louis Roumégas. L’objectif reste de faire liste commune dès le premier tour pour contrer le président de région sortant, Georges Frêche. Roumégas a précisé à l'AFP avoir «des contacts avec eux» : «On est prêt à caler une réunion» mais «il faut qu'ils nous appellent.» Lieutenant de Martine Aubry, François Lamy a expliqué, de son côté, que l’idée d’une présidence tournante, PS-Europe Ecologie était sur la table mais a exclu l’hypothèse de céder la tête de liste à ses partenaires Verts.

Le chanteur Gilbert Montagné, candidat sur la liste UMP de l'Allier, souhaite «promouvoir l'Auvergne» s'il est élu conseiller régional. Originaire des environs de Vichy (Allier), il veut notamment encourager le «tourisme vert».

... Et sur LibéOrléans, le Modem, avec à sa tête, Marc Fesneau, présente sa liste pour la région Centre.



Dans l’Essonne, Dray (PS) promet de «créer le buzz»

Echos de campagne J-39

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Ilmanque 1 millionde logements

Exclusif : 5 millions de locataires virés en 13 ans!

Comme chaque année, le scandale du logement refait surface avec la publication du rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre  : il manque un million de logements en France, mais la crise touche maintenant les classes moyennes : entre 1998 et 2009, près de 5 millions de personnes ont dû se trouver un nouveau toit, chassées par des hausses de loyers insoutenables ou des congés pour ventes.

Louison 

Cela aurait pu être pire : on a oublié que Nicolas Sarkozy avait proposé en 2006, comme réponse à la crise du logement, de « rendre possible l’accès à la propriété pour tous », via la généralisation du crédit hypothécaire, une sorte de cousin germain des fumeux prêts subprimes américains.

Exécrable solution. Heureusement, les banquiers - pour une fois bien inspirés - avaient traîné des pieds et la crise déclenchée par ces produits financiers, a conduit le président à répudier son « idée géniale » et faire dans le classique: l’aide à l’accès à la propriété via une déduction fiscale des intérêts de l’emprunt. Cette solution a, depuis longtemps, montré son inefficacité.

Elle renchérit les prix de l’immobilier. Elle ne créée pas un logement. Mais elle a l’immense avantage, comme la plupart des arbitrages fiscaux qui lui feront suite (bouclier fiscal, TVA réduite dans la restauration, baisse de l’impôt sur les successions) d’être populaire…dans la clientèle électorale de l’UMP.

Elle n'allège en rien l’énorme étreinte que constituent désormais loyers et traites dans le budget des ménages : 25 % de leurs dépenses, contre 20 % à la fin des années 1980, et moins de 11% en 1960.

Part de la dépense logement (loyer et charges) dans le budget des ménages (Source: Insee)

Part de la dépense logement (loyer et charges) dans le budget des ménages (Source: Insee)

Les 500 000 mal logés ne sont que la partie visible de l’iceberg. Mais toutes les catégories sociales ont été affectés, même les classes moyennes supérieures. Jusqu’au milieu des années 90, celles-ci se croyaient protégées, et même gagnantes dans ce formidable processus de réallocation des richesses.

Elles ont vite déchanté, ainsi que le montre Gabrielle Fack, professeur d’économie à l’université Pompeu Fabra à Barcelone. Ses calculs mesurent que le taux d'effort net des ménages moyens est passé de 22 % à 30 % du revenu entre 1998 et 2006 pour les accédants à la propriété et celui des locataires du parc privé de 19 % à 30 %, jusqu’à 40% de Île-de-France !

Le logement, immédiatement vital, n’a pas d’élasticité au prix. Les Français modestes se mettent la corde au cou. En revanche, cette progression est beaucoup moins sensible pour les ménages disposant de hauts revenus. L’effort passe de 18 % à 21 % pour les accédants à la propriété. Un tel choc n’a évidemment pas été sans conséquence sur les arbitrages budgétaires des ménages. Nombre d’entre eux ont du quitter leur quartier et trouver un toit plus clément pour leur portefeuille, et souvent plus loin. Chassés par la hausse des prix, souvent par congé-vente.

Courbe 1: taux de variation des loyers. Courbe 2: taux de mobilité. Source : Rapport du Clameur du 1er mars 2007 (calculs détaillés ici)
Selon les calculs de Marianne, ce sont prés de 320 000 personnes par an qui ont ainsi été ainsi contraintes de déménager. En douze ans, entre 1996 et 2007, le total atteint 4 millions. Il a continué à s’aggraver de près d’un million depuis 2007. Ce formidable exode, plus rapide que ne le fut l’exode rural d’après guerre, est cependant passé inaperçu mis à part quelques ventes à la découpe, localisées et donc parfois visibles.

Il a pourtant naturellement abouti à une intense réallocation spatiale, autrement dit à des millions de déménagements vers des localités éloignées des villes dont les loyers sont plus modéré. La hausse des prix à l’achat, une progression de 2,5 fois depuis 1996, et avec elle celle des loyers, le congé pour vente, ont rebattu les cartes des choix résidentiels et accentué le regroupement, déjà à l’œuvre, des ménages par niveau de revenus. .

Ce dérapage ne doit rien au hasard. La libéralisation des prix, depuis la loi Méhaignerie de 1986, comme les facilités accordées aux congés pour ventes, les fameuse ventes à la découpe, ont créé le « malaise résidentiel », comme l’identifie
le 15 eme rapport de la fondation Abbé-Pierre

Le million de logements qui manque à l’appel en France n'est pas pour rien dans cette situation – pénurie que devait justement combler la déréglementation. Ils sont pourtant le (non) produit de 30 ans de politique de logement. L’effort public représente aujourd’hui moins de 2 % du PIB, en constante diminution, et porte pour l’essentiel sur des programmes de soutient à l’investissement locatif comme les funestes Robien ou Borloo qui ne créent pas un logement, tandis que l’offre de logements dans le parc social se raréfie.

Les plans de ventes de HLM de Benoît Apparu, le nouveau ministre en charge du logement, ne font qu’amplifier ce phénomène. Les Français sont regroupés par niveau de revenus. La création de ghettos, et discrimination sociale par le logement s’accélèrent.

Derrière apparait la question de l'école, et de la lutte pour l'accès à un enseignement de qualité, le plus souvent niché dans l'hyper centre des agglomérations, comme l’ont montré les travaux du géographe
Christophe Guilly, dans son Atlas des nouvelles fractures sociales. Et c'est tant pis pour les classes moyennes reléguées dans les zones périurbaines, comme l'ont démontré deux autres auteurs, Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, que Marianne2 a déjà évoqué à plusieurs reprises.
 

En matière de logement, le sarkozysme se situera plutôt dans la continuation que dans la rupture. On pourrait même parler d'aggravation. Apparemment, ce bilan évident ne semble guère émouvoir l'héritier officiel de l'Abbé Pierre, Martin Hirsh.

Marianne

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Les repentis font parler d'eux

Schuller, Noir, Botton : les repentis refont parler d'eux

Encore des nouvelles d'une vedette des affaires des années 90 : Didier Schuller s'envole ce samedi pour Saint-Domingue. Pas pour fuir la justice française, comme en 1994, lorsque le conseiller général RPR des Hauts-de-Seine avait choisi les Caraïbes pour se cacher des juges. Cette fois, il est libre et veut relancer sa carrière de consultant.

Ce discret retour médiatique (seuls trois sites ont repris la dépêche) d'un des héros des frasques politico-financières du RPR des années 90 en rappelle deux autres, récents aussi, et plus ou moins discrets : ceux de Michel Noir et de son ex-gendre Pierre Botton.

D'autres repris de justice de la grande époque, comme Alain Carignon (ex-maire de Grenoble) ou le centriste Michel Mouillot (ex-maire de Cannes), font peu de bruit en dehors de leurs régions d'origine. L'ex-socialiste et ancien maire d'Angoulême Jean-Michel Boucheron semble, lui, complètement tombé dans l'oubli.

Mais Schuller, Botton et Noir font encore parler d'eux.


Schuller : l'irrésistible appel de Saint-Domingue
 

Didier Schuller (Reuters)Vendredi, Didier Schuller, 62 ans, a rendu son bracelet électronique. Il a purgé la peine, prononcée en janvier 2007, de trois ans de prison dont un an ferme, 150 000 euros d'amende, privation de ses droits civiques, civils et familiaux pour cinq ans. Son motif ? Le financement occulte de sa carrière politique à Clichy (Hauts-de-Seine) par des entreprises du BTP.

Interrogé par l'AFP, Didier Schuller a déclaré :

« Je pars ce jour samedi pour Saint-Domingue […] J'y vais pour relancer ma carrière de conseil à l'exportation, j'y vais notamment pour aider un exportateur de blé français qui n'a pas été payé. »

 

Cette annonce nous ramène immanquablement à la fin du règne de François Mitterrand, quand Didier Schuller a offert à la chronique politico-financière un des feuilletons les plus rocambolesques d'une époque qui en a compté beaucoup.

En 1994, cet énarque proche de Charles Pasqua et de Patrick Balkany, très impliqué dans la gestion des HLM et dans la vie du conseil général des Hauts-de-Seine, donne son nom à un scandale : l'affaire Schuller-Maréchal. Beau-père du juge Eric Halphen, qui enquêtait sur le financement occulte du RPR, Jean-Pierre Maréchal est soupçonné d'avoir soutiré un million de francs à Schuller pour lui assurer la clémence de son gendre.

Pendant sa cavale, il a développé ses réseaux en Amérique latine

Lorsque le scandale éclate, Didier Schuller, 47 ans, s'enfuit aux Bahamas avec sa maîtresse de 23 ans, en laissant sa famille en France. Puis le couple s'installe en République dominicaine, où Schuller développe une activité de conseil pour les entreprises ou les politiques de l'île.

Rentré en France en 2002, Schuller n'a pas pu revenir en politique comme il le voulait : inéligible jusqu'en 2012, il n'exclut pas de se représenter ensuite :
« Mais avant de penser à un retour à la politique, je veux relancer ma carrière de conseil à l'exportation en Amérique latine, une région que je connais bien. »

Botton : il veut la transformer la prison

Pierre Botton (Reuters)C'est une belle réhabilitation pour un ancien condamné : en janvier, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a investi Pierre Botton d'une mission officielle de la République, pour améliorer les prisons.

Homme d'affaires et gendre du maire RPR de Lyon Michel Noir, Pierre Botton avait été condamné pour banqueroute et abus de biens sociaux à cinq ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, et 200 000 francs d'amende. Les deux hommes étaient poursuivis pour avoir perçu 1,3 million d'euros de virement occultes venus de trois entreprises de BTP, à la fin des années 80.

Botton a passé vingt mois derrière les barreaux, jusqu'en 1998. Depuis, il déclare que « le système judiciaire a sauvé [sa] vie », et il n'est plus le gendre de Michel Noir. Il est en revanche un ami de vingt ans de Nicolas Sarkozy, comme il le déclarait en janvier place Vendôme.

Noir : les affaires, c'est toujours mieux en famille

Michel Noir (Reuters)Pierre Botton et Michel Noir ne sont plus de la même famille, le premier s'étant séparé de la fille du second. Mais l'ancien maire RPR de Lyon, plusieurs fois condamné à de la prison avec sursis pour recel d'abus de bien sociaux, notamment au détriment des sociétés de Botton, continue de faire affaire avec ses proches.

En décembre, Eco89 a révélé un contrat qui, a priori, n'a rien d'illégal. Michel Noir possède aujourd'hui Arnava, une entreprise de conseil spécialisée dans « l'assessment » (l'évaluation) des cadres dirigeants. Mais les affaires de l'ancien ministre ne vont pas très fort, ces dernières années.

L'arrivée de son fils -et presque homonyme- Jean-Michel Noir à la présidence de La Redoute en février 2009 lui a permis de rebondir un peu. Cet automne, 60 cadres dirigeants de la Redoute ont été évalués par Arnava.

Interrogé sur ce léger soupçon de népotisme (tout à fait légal), un porte-parole du groupe PPR, qui possède La Redoute, n'y voyait rien de choquant :

« La société Arnava figure depuis plusieurs années dans la liste des prestataires utilisés par la direction des ressources humaines de PPR. C'est à ce titre que notre enseigne La Redoute a été amenée à travailler avec eux. »

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