PACA : L'Alliance pour gagner

la gauche en ordre de marche pour le second tour

Régionales PS, Europe Ecologie et Front de gauche font liste commune


La paperasse a été rapidement expédiée. Hier, le FN, l'UMP et l'Alliance de l'olivier ont déposé leurs listes à la préfecture de région pour le second tour des élections régionales.

Sans surprise, le PS, le Front de gauche et Europe Ecologie ont présenté une liste d'union, où les places ont été réparties proportionnellement en fonction des voix obtenues au premier tour.

Ainsi, Aïcha Sif, tête de liste Europe Ecologie dans les Bouches-du-Rhône, pointe en deuxième position derrière Michel Vauzelle. Laurence Vichnievsky, tête de liste régionale du parti, prend la deuxième place dans le Var. Jean-Marc Coppola, tête de liste régionale du Front de gauche, obtient lui la neuvième place dans le Vaucluse.

Il n'y aura « pas de consigne de vote » pour les électeurs du MoDem,a annoncé hier dans un communiqué Christophe Madrolle, le numéro deux de la liste menée par Catherine Levraud dans la région. Le parti,qui a obtenu en Paca 2,51 % des suffrages, appelle toutefois à « un sursaut républicain face au score du Front national ».

"Une liste conduite par Michel Vauzelle pour une région rassemblée, solidaire et écologique." La nouvelle dénomination de l'union de la gauche pour le deuxième tour a été scellée hier soir par les états-majors du Parti socialiste, d'Europe écologie et du Front de gauche. Quant au fond, il restait à régler encore quelques détails ainsi qu'à obtenir l'aval des états-majors parisiens.dans l'après-midi.

Nous avons une communauté de culture sur le programme et d'éthique,
expliquait Michel Vauzelle ""Nous nous connaissons très bien en Provence-Alpes-Côte d'Azur puisque nous travaillons avec les Verts et les communistes depuis douze ans.
Hier soir, à Vitrolles, le PS Michel Vauzelle a estimé que l'élection devait être gagnée
Hier soir, à Vitrolles, le PS Michel Vauzelle a estimé que l'élection devait être gagnée "largement" par la gauche.


Dès vendredi, les équipes des candidats avaient conclu un accord sur la méthode. Dimanche soir, une fois les résultats connus, les staffs se sont réunis à la Région jusqu'à cinq heures du matin en deux groupes : un pour le programme et un pour les places.

Avant de se retrouver à nouveau en milieu de matinée au local de campagne du PS, place du 4-Septembre à Marseille, où la cafetière a fonctionné à plein régime.


Dans l'après-midi, Michel Vauzelle a reçu séparément Jean-Marc Coppola pour le Front de gauche puis Laurence Vichnievsky pour Europe écologie. "Tout s'est très bien passé, assurait l'élu socialiste en fin d'après-midi.

La liste est close. Nous avons conclu une alliance pour gagner."

Dans le même temps, son directeur de campagne Patrick Mennucci, portable collé à l'oreille, finalisait les derniers détails. Pourtant, du côté des écologistes et des communistes, on refusait d'officialiser tout partenariat.

"Nous sommes en bonne voie mais c'est un peu prématuré car il reste des détails à régler sur le programme", assurait hier soir Sébastien Barles, directeur de campagne d'Europe écologie en Paca. "La proportionnalité n'est pas respectée, il nous manque un ou deux élus", répondait en écho Jean-Marc Coppola.

Au même moment, devant 700 personnes réunies à Vitrolles, Michel Vauzelle se félicitait "de cette première réunion de la gauche unie en 2010".

Dans le scénario initial, l'accord prévoyait 44 élus pour le PS, 19 pour Europe écologie et 10 pour le Front de gauche. Les têtes de liste des six départements seraient celles présentées par Michel Vauzelle au premier tour, Laurence Vichnievsky, qui ne devrait pas être vice-présidente, prenant la deuxième position dans le Var.

 

Dans les Bouches-du-Rhône, derrière Michel Vauzelle, on retrouverait Aïcha Sif pour Europe écologie suivie de Jean-Marc Coppola, de Myriam Lamare, la championne du monde de boxe et de Patrick Mennucci.

Si, comme l'espéraient les uns et les autres en fin de soirée, Michel Vauzelle, Laurence Vichnievsky et Jean-Marc Coppola s'entendaient, ils devraient déposer ensemble ce matin leur liste à la préfecture.

La Région et la Palestine

La coopération de la Région avec la Palestine

S’agissant de la coopération de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, des territoires palestiniens et d’Israël, il convient d’abord de rappeler ce qui est en le cadre.

 


Agir pour la solidarité, la paix et le développement : tel est l’axe principal de l’action internationale de la Région, tel qu’il est exprimé dans la stratégie régionale adopté le 10 décembre 2008 par l’ensemble des conseillers régionaux à l’exception de ceux du Front national.

 


La Méditerranée, et ce depuis 1998, est la priorité de la politique internationale de la Région. La Région a des accords de coopération avec des territoires de tous les pays du processus de Barcelone qui s’est transformé, en 2008, en Union pour la Méditerranée.

Ainsi au Proche-Orient, entretient-elle des relations avec les gouvernorats d’Alep et de Lattaquié en Syrie, la région d’Izmir en Turquie, deux fédérations de communes au Liban sud, la ville de Haïfa, le gouvernement de Khan Younès en Palestine, le gouvernement d’Alexandrie en Egypte.

 

La coopération décentralisée qui est le cadre juridique dans lequel une Région peut avoir une action internationale, est une coopération de territoire à territoire, de population à population.

 

Avec Haïfa, la coopération est essentiellement liée aux activités du centre culturel français Gaston Defferre.

 

Avec Khan Younès, la coopération n’a cessé malgré la situation politico-militaire. La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a continué à entretenir des liens avec le gouverneur de Khan Younès reconnu par l’Autorité palestinienne mais qui n’a aujourd’hui plus accès à la bande de Gaza.

 

Cette coopération s’exprime de plusieurs façons :

- aide à des projets portés par des associations de la région : Palestine 13 (aide aux centres de la femme et de l’enfant, opération " De paysans pauvres à familles pauvres ", dossier voté le 7 décembre 2009), association Handicap et Liberté (projet MAMED), association Méditerranée Solidarité (formation technique et gestion d’une micro-entreprise).

- formation de cadres territoriaux et associatifs.

- soutien au Groupe d’Aix qui réunit experts palestiniens, israéliens et internationaux pour préparer la feuille de route économique et qui est l’un des rares lieux où Palestiniens et Israéliens travaillent ensemble.

- accueil et organisation de séjours de vacances pour des enfants palestiniens.

- aide humanitaire.

 

Ce dernier point doit être développé. Comme elle l’a fait pendant l’été 2006 lors de la guerre du Liban, en acheminant une aide vers le Liban et, en particulier, vers les enfants libanais, la Région s’est mobilisée dès janvier 2008 après les bombardements sur la bande de Gaza.

La Région a été la première collectivité locale à acheminer une aide qui est effectivement parvenue, en partenariat avec le ministère français des Affaires étrangères, à Gaza. Un 2e convoi a été acheminé en partenariat avec l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Un 3e convoi a été organisé par la Région, le Conseil régional des jeunes et la participation de plusieurs lycées.

 

Compte tenu des difficultés d’accès à la bande de Gaza et d’avoir, à Khan Younès, des interlocuteurs, la Région envisage, tout en maintenant les actions vers Khan Younès, de développer sa coopération avec la Cisjordanie.

Des contacts sont en cours de manière à répondre aux besoins (gestion de l’eau, développement économique…).

 

De même qu’après-guerre les jumelages entre villes françaises et allemandes ont consolidé la paix et contribué à jeter le socle de l’Europe, la coopération décentralisée en Méditerranée, qui résiste aux blocages intergouvernementaux et qui continuent malgré les conflits, travaille à la paix par le dialogue et les partenariats directs entre les populations.

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La réalité sur ITER

La fausse querelle montée par l'UMP



SUR L’ACCORD AVEC EUROPE ECOLOGIE

L’accord entre la liste Rassembler notre Région et Europe Ecologie est très clair sur ITER.

La Région maintiendra ses engagements initiaux (152 millions, dont 70 millions sur la machine et le reste sur l’école internationale et sur les aménagements ferroviaires et routiers du Val de Durance), elle tiendra sa parole, mais elle ne versera pas un euro de plus (si la facture venait à augmenter). C’est d’ailleurs ce que nous disons depuis 2005.

Le surcoût doit être pris en charge par les Etats, et non par les collectivités locales, qui font déjà beaucoup.

 

La compensation, c’est :

  • la poursuite du programme AGIR. D’ailleurs, si on ajoute le programme d’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits des lycées, on doit être près de 1 euro pour 2 euros (alors que l’accord de 2004 prévoyait 1 euro pour la machine ITER et 1 euro pour les énergies renouvelables).
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  • l’intégration du programme d’isolation thermique des logements d’avant 1970 à notre programme de construction et de réhabilitation de logements.

SUR ITER

  • La Région a rempli son contrat. En tant que ministre de l’industrie, Christian Estrosi devrait avant tout balayer devant la porte de l’Etat. Car les collectivités territoriales qu’il fustige sans cesse ont pleinement rempli leur contrat.
  • La Région a ainsi ouvert, dans le calendrier prévu, le lycée international de Manosque lors de la dernière rentrée (près de 60 millions d’euros à l’achèvement des travaux) et s’est lourdement engagée dans la modernisation de la ligne ferroviaire du Val de Durance (15 millions) pour un TER toutes les 30 minutes entre Aix et Manosque aux heures de pointe.
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  • La Région doit se montrer prudente devant les surcoûts redoutés du projet.
  • Maryse Joissains s’est elle-même élevée en octobre dernier auprès de Michel Mercier, le nouveau Ministre de l’Aménagement du territoire, que les collectivités locales " doivent supporter le coût des aménagements induits sans l’aide logistique et financière de l’Etat ".
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  • La Région apporte 152 millions au projet, dont 70 pour la machine, quand le département des Alpes-Maritimes en met 15…
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  • L’Etat se défausse
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  • L’Etat et son ministre de l’Industrie jouent " petit bras ".
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  • Estrosi et Falco aux abonnés absents
  • Leurs représentants ont participé aux deux premières réunions avant de signer aux abonnés absents. Lors de la réunion conclusive, le 14 décembre 2009, ils n’étaient toujours pas présents. De peur d’avoir à mettre la main à la poche ?
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  • La Région a toujours été à l’initiative sur ce dossier.
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  • L’Etat n’a pas pris ses responsabilités sur les conséquences de cette implantation.
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    Vous avez encore, en date du 4 mars dernier, alerté le Préfet de Région de la faiblesse des réponses apportées jusqu’à présent par la Mission Iter au sujet des besoins en logements. Il va falloir, à l’horizon 2012, loger plus de 3000 personnes dans le périmètre d’Iter : cet effet " tsunami " a jusqu’à présent totalement été négligé, faute d’une volonté sérieuse de gouvernance de la part de l’Etat et des maires de droite du périmètre qui préfèrent le mobil-home au logement social.Non seulement sur le plan financier, mais aussi en lançant une consultation d’urbanisme pour l’aménagement et le développement durable sur l’ensemble du Val de Durance afin d’anticiper les conséquences économiques et sociales de l’implantation d’Iter à Cadarache. Elle joue son rôle d’aménageur du territoire régional en pensant le Val de Durance dans sa globalité (" Vallée des Energies nouvelles "). . On peut aussi souligner l’absence notoire des CG 83 (Falco) et 06 (Ciotti) lors des réunions organisées au début de l’hiver sous l’égide de la Préfecture de Région pour préparer l’installation d’un Groupement d’intérêt public (GIP) " Iter-Val de Durance " destiné à piloter cette implantation. On peut s’interroger sur l’intérêt que porte l’Etat pour un projet d’envergure international puisqu’il fait l’objet d’une mobilisation bien moindre que la Plaine du Var… L’Etat ne veut pas investir ; il a repoussé à plusieurs reprises l’annonce officielle des moyens qu’il entend consacrer à ce projet et à ses retombées.. Il n’a pas répondu aux préconisations de la Mission… Falco (!), mise en place en décembre 2008 alors que le maire de Toulon était secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, dont le rapport concluait à la nécessité de mettre rapidement en œuvre sur ce territoire une Opération d’intérêt national (OIN) " sur le modèle éprouvé dans la Plaine du Var " (chez Estrosi donc…).

    Ce rapport a été enterré sans la moindre concertation avec les co-financeurs car la création d’une OIN nécessitait des financements importants de la part de Paris.
    Il n’a toujours pas réglé la question de la gouvernance et vient de dissoudre la Mission Iter sans créer l’Etablissement public d’aménagement que réclamaient les collectivités locales. Ce chiffre est à mettre en rapport avec les 10 millions consacrés par le département des Alpes-de-Haute-Provence, beaucoup moins riche. Il est tout à fait légitime, et responsable, que la Région tout comme les autres collectivités territoriales largement mises à contribution (467 millions d’euros au total, dont 152 millions pour la Région) s’inquiètent des retards pris par ce dossier (au moins deux bonnes années déjà…) et plus encore de ses dérives financières : on ne parle plus de 5 milliards d’euros mais de 10 milliards, somme à laquelle il faudra ajouter 5 milliards de plus pour l’exploitation du site !

L’autonomie énergétique de la Région et de la France ne dépend pas d’Iter.

Christian Estrosi semble oublier qu’Iter n’est qu’un immense laboratoire expérimental qui ne produira jamais d’énergie au bénéfice des Provençaux puisqu’il sera démantelé après une vingtaine d’années d’expérimentation.

En lançant lors de la mandature qui s’achève le programme AGIR, vous avez au contraire misé sur l’ensemble de la palette des énergies nouvelles : 44 millions engagés depuis 2007 à cette diversification pour un développement durable et à une plus grande maîtrise des économies d’énergie.

l'UMP et SARKO, ça tangue

Le feu couve à l’UMP

L’ouverture et la nationalisation du scrutin voulue par le président de la République sont montrées du doigt.


Le langage de vérité qu’affectionne tant Nicolas Sarkozy a déserté le camp de l’UMP, qui se réfugie depuis dimanche derrière les consignes présidentielles : élections locales, conséquences locales.


Depuis son score calamiteux du premier tour, le parti présidentiel s’échine à expliquer que cet échec n’est pas celui du Président, que tout reste possible pour le second tour et qu’il suffit pour cela de mobiliser les électeurs de droite.


On est bien loin du conseil national de l’UMP, le 28 novembre dernier, lorsque Nicolas Sarkozy, François Fillon et Xavier Bertrand nationalisaient le scrutin. Derrière l’unité affichée depuis dimanche, la grogne monte d’un cran au sein du parti présidentiel.

Si la plupart des cadres UMP approuvent toujours la stratégie d’union dès le premier tour, qui prive pourtant le parti d’un réservoir de voix pour le second, la politique élyséenne suscite des critiques.


Le virage environnementaliste du Président est montré du doigt, car il ne s’est pas avéré rentable électoralement. Quant à l’ouverture politique toujours à l’œuvre – avec les nominations récentes de Didier Migaud et Michel Charasse –, elle reste incomprise à droite.


Pour le député Lionnel Luca, son camp a payé le "strabisme présidentiel de gauche". Pilier de la stratégie présidentielle depuis 2007, la double ouverture, "aux thèmes" (écologie, culture avec l’Hadopi…) et aux personnalités, est contestée.


Loin de profiter à l’UMP, cette politique visant à déstabiliser la gauche a bénéficié aux écologistes et, d’une certaine manière, au Front national, par le trouble qu’elle a suscité chez les électeurs les plus à droite.

 

Quand le scrutin était national…


"Nous ne gagnerons pas les élections régionales en menant 22 campagnes, chacun dans son coin, chacun dans sa région",
mais en assumant le "changement de la France depuis 2007".

Le 28 novembre dernier, lors d’un conseil national de l’UMP à Aubervilliers, le secrétaire général du parti, Xavier Bertrand, résumait le message martelé par son état-major.

L’heure était à la nationalisation du scrutin. "Nous devons assumer notre bilan", lançait François Fillon, alors que selon Bernard Accoyer, la campagne "[devait] s’inscrire au cœur de l’action de Nicolas Sarkozy".

 Le chef de l’État avait fourni des munitions à ses troupes en vantant "l’œuvre gigantesque de modernisation de la France".

Rouge et verts, la victoire

Pour la première fois, la gauche et les verts peuvent espérer gagner la prochaine présidentielle.

Sur l'immigration et l'identité nationale, Sarkozy n'avait-il pas déclaré en décembre, « allez y à fond la caisse » : « je veux du gros rouge qui tache », manière de cibler les milieux populaires.

 

Mais en tentant de nationaliser le scrutin et demandant de ne pas voter  contre le gouvernement mais contre le PS, qui dirige 20 régions métropolitaines sur 22, et dont le bilan serait « nul », ce qui n'est pas partagé par les Français, le même Bertrand adopte une tactique qui peut se transformer en boomerang contre l'UMP en confortant une partie de l'électorat de voter « contre » mais contre le gouvernement.

Même problème avec l'intervention de Sarkozy qui avait juré, croix de bois croix de fer, qu'il n'interviendrait pas dans la campagne et dont on annonce pour samedi une interview dans le Figaro Magazine. Le manque de réserve de voix pour l'UMP l'oblige à se tourner vers le Front National : Et pour y parvenir, il n'hésitera pas à aiguillonner ses lieutenants.

Sur l'immigration, ne leur avait-il pas déclaré en décembre, « allez y à fond la caisse », leur lançant à propos de l'identité nationale : « je veux du gros rouge qui tache », manière de cibler les milieux populaires.

 

Selon Bayrou, la campagne des régionales se résume à "80% sondages, 20% injures", mais le pourcentage des injures grossit avec la nervosité

 

A cinq jours du scrutin, la nervosité s'empare de la campagne. Si François Bayrou, dont la formation ne cesse de rétrécir au lavage, a déploré hier que la campagne des régionales se résume à "80% sondages, 20% injures", le pourcentage des injures grossit.

A l'occasion de la journée de la femme, l'UMP a décerné à Jean-Paul Huchon un prix du "phallocrate du jour". Quant à Julien Dray, il proteste contre la diffusion par  TF1 d'un numéro spécial de Ushuaïa Nature à la veille du premier tour : "Pour faire voter écolo, il n'y a pas mieux. C'est le même coup qu'avec le film Home, diffusé avant les européennes".

"Il ne faut pas prendre les électeurs pour des imbéciles ! Les électeurs ne sont pas des moutons qui vont voter écolo parce qu'ils voient Ushuaïa le samedi...", a rétorqué aussitôt le n°2 des Verts.

 

Cette stabilisation des écologistes, la quasi disparition du MoDem, est en train de changer le paysage politique

 

D'autant que le parti écologiste est celui qui recueille les meilleurs indices de réussite de sa campagne. La jugent "plutôt bonne" 40 % des électeurs potentiels du Front de gauche et 41 % de ceux du PS et, dans les rangs de l'UMP, Europe Ecologie est le seul parti de gauche pour lequel les bonnes opinions sur la campagne (26 %) l'emportent sur les mauvaises (18 %).

Cette stabilisation des écologistes, la quasi disparition du MoDem, est en train de changer le paysage politique : pour la première fois depuis des années, la gauche et les verts détiennent un avantage très net sur la droite, qui permet à la gauche d'espérer gagner la prochaine présidentielle.

 

L'Industrie au plus mal !!!!!

Déclin!!!

Aveuglement des idéologues… En 2003, le pamphlet serré de Nicolas Baverez, la France qui tombe, avait suscité une polémique nationale.

A la fois pessimiste et libéral, l’auteur s’était mis à dos l’essentiel de la gauche en même temps que la partie la plus patriote de l’opinion. «Décliniste», tel était l’anathème qui avait ostracisé ce Cassandre essayiste.

Or si les orientations libérales du livre étaient effectivement contestables, son constat de départ était malheureusement fondé. Parce qu’on n’aimait pas les conclusions du raisonnement, on en oubliait les prémisses factuelles.

Six ans plus tard, l’état de l’industrie française vient tristement confirmer la vérité dérangeante décrite par Baverez. Chaque année, la France perd des usines et gagne des chômeurs. Chaque année, sa situation relative se dégrade par rapport à ses principaux voisins. La faute à la mondialisation ?

Certes. Mais l’Allemagne, l’Italie ou la Grande-Bretagne s’en sortent mieux. Les médications de centre gauche qu’on y a appliquées seraient-elles moins mauvaises qu’on le dit en France ? De Chirac à Sarkozy, les chefs de file de la droite sont conscients du problème.

Le Président y consacre aujourd’hui un discours. Mais force est de constater que les intentions ne sont guère suivies d’effet.

Quant à la gauche, elle commence à s’inquiéter, comme le montre le bon discours que François Hollande vient de prononcer sur la question. Le «socialisme de la production», selon la formule de DSK, mérite une réflexion nouvelle.

Il est temps : l’affaire sera par nature au centre de la présidentielle.

Laurent Joffrin

La difficulté des PME

Chefs d'entreprises, ces nouveaux pauvres?

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L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) a remis son rapport sur la pauvreté au gouvernement jeudi 25 février 2010. S'il souligne que huit millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, sans doute ne compte-t-il pas tous les chefs d'entreprise qui ne touchent plus leur salaire en attendant de voir passer la crise.

Étrange peut-être de parler de pauvreté pour ceux que l'on voit parfois en grosse berline ou en 4x4... Et pourtant, nombreux sont ceux qui n'ont plus de quoi payer l'essence pour l'alimenter. Témoignages et analyses...

 

Le pied dans l'engrenage...


"Si être pauvre, c'est vivre avec 60 % des 908€ du revenu médian alors oui, je crois qu'on peut dire que je suis pauvre", reconnaît Etienne*, gérant d'une SARL employant trois personnes.

Difficile d'y croire quand on lui demande son salaire officiel : "3.000€". Et pourtant, voilà des mois qu'il n'y touche pas : "Je ne me paye plus pour essayer de sauver mon entreprise... Mais l'État, lui, ne se gêne pas pour continuer à me prendre des charges sur mon salaire". Ne plus se payer et/ou se séparer de certains employés, c'est ce qu'Étienne appelle en être au premier stade de la banqueroute.

"L'étape suivante est celle où la société ne peut plus assumer ses charges et doit demander à l'État un moratoire afin d'en étaler leur paiement".


Si après, l'entreprise ne s'en sort toujours pas, cela peut être le début de la fin... L'entrepreneur doit en effet déposer le bilan auprès du tribunal de commerce, qui décide soit de nommer un administrateur, qui tentera d'assainir la gestion de l'entreprise pour en continuer son activité, soit de la liquider.

Dans ce dernier cas, l'actif de l'entreprise est vendu aux enchères et servira à rembourser ses créanciers. "Et là, tu te retrouves à poil et tu n'as plus rien. Si en plus tu as eu le malheur de contracter un prêt bancaire, tu vois ton banquier frapper à la porte de chez toi.

En effet, de plus en plus de banques demandent des cautions sur tes biens personnels voire pire : la caution solidaire de l'époux ou de l'épouse. Et là, déjà que tu as perdu ton entreprise, tu perds ta maison, ta bagnole... On te saisit tout jusqu'à ce que tu aies remboursé ton prêt. L'ultime cerise sur le gâteau ?

La brigade du fisc qui trouve quelque chose de louche dans ton dépôt de bilan et qui te poursuit au pénal alors que tu n'as plus une tune... ".

 Quand le dépôt de bilan pend au nez

Sans pouvoir toucher d'Assedics durant l'activité de leur société ni même après, les chefs d'entreprise n'ont aucune ressource à part celle de demander le RSA. "On arrive enfin à penser, et c'est très louable, que la pauvreté n'est pas le sort malheureux réservé à des sans-abris, à des sans-papiers, à des retraités fatigués, à des jeunes démobilisés, souligne Guy Gillot, ancien adjoint aux finances de la ville de Dijon.

Il y a longtemps que l'économie crée des pauvres mais on n'en parle moins que des riches en profitant avec leurs stock-options. Et pourtant, ils existent ; j'en ai rencontré et j'en rencontre de plus en plus dans le cadre de ma mission auprès de la CGPME de Côte d'Or (syndicat patronal) : répondre présent à tous ceux qui se posent des questions sur leur vie sociale avec leur entreprise très malade.

Et puis pendant vingt ans, j'ai été chargé des procédures collectives au tribunal de commerce de Dijon alors je connais le sujet. Aussi, quand j'apprends que les liquidations de biens des entreprises de moins de 3 ou 5 salariés ont augmenté de plus de 60 % en un an, je comprends qu'il y a de nombreux nouveaux pauvres".


Ce coach pour entrepreneurs mal en point précise que le sujet touche tous les corps de métiers : boulanger, menuisier, plombier, chauffagiste, coiffeuse, gérantes de pressing, transporteurs (très nombreux)...

Selon lui, les causes de leur désarroi seraient à chercher du côté du manque de formation des TPE/PME, à la faiblesse de l'environnement au titre de conseil, aux mauvaises habitudes de ne pas lever le nez du guidon, à l'incompréhension des administrations (sécurité sociale, fisc..) et aux banquiers qui feraient mal leur métier.

"Tous ces gens n'arrivent pas à vendre leur marchandise ou leur prestation ; ou alors un client important leur doit de l'argent et là, c'est l'effet domino...", souligne Guy Gillot.

 Une mentalité typiquement française...

Le pire ? "Peut-être les licenciés économiques qui montent leur entreprise ou leur commerce grâce à l'indemnité de leur licenciement... J'en ai retrouvé liquidés six mois après parfois, se retrouvant à la rue".

Si certains sont fatigués et usés de vains espoirs, d'autres voient leur femme partir ou pire, mettent fin à leurs jours...

"Perdre son entreprise, on le vit très mal, forcément, explique Etienne. J'imagine qu'il y a une période de deuil à faire... Et après, pour se retourner, c'est une autre histoire !

Moi je ne suis pas loin d'avoir 50 ans alors postuler à mon âge, c'est déjà compliqué. Ensuite, sur un CV, ça passe très mal d'avoir eu une entreprise qui s'est plantée. En cela, nous sommes totalement différents de la mentalité américaine... Et si jamais j'ai envie de remonter une boîte, ça risque de coincer du côté des banques : en 1990, j'avais déposé le bilan d'une société ; en 2007, une banque a osé me le ressortir...

Bref, quand tu as la tête sous l'eau, on fait absolument tout pour te noyer complètement."

Patronat, jobs d'étudiants et Restos du Cœur

Pour le moment, Étienne n'en est pas encore là. Mais la crise économique actuelle n'est pas pour le rassurer... "Fin 2009 et début 2010, beaucoup d'entreprises ont déposé leur bilan.

En revanche, beaucoup d'autres se sont créées donc l'économie locale trouve un certain équilibre. Actuellement, le renouvellement est très important", explique Lionel Jouvenceau, greffe au tribunal de commerce de Dijon. En 2008, le tribunal ordonnait 202 liquidations judiciaires directes lorsqu'en 2009, 249 entreprises étaient concernées par cette décision. 

"L’augmentation du nombre des procédures collectives trouve une explication, d’une part, par la suppression et l’absorption du Tribunal de Commerce de Beaune (+ 20 % en volume) et, évidemment, par les effets de la conjoncture défavorable qui touche en priorité les TPE", indique le greffier.


Actuellement, Étienne se fait aider financièrement par ses parents et même ses enfants... "Et tous les week-ends, je bosse dans la restauration", reconnaît-il.

Un patron qui accumule les petits boulots pour pouvoir survivre, à bientôt 50 ans, c'est dur. Mais Guy Gillot a connu pire comme expérience : "Un jour, j'ai cru me déshonorer en parlant des Restos du cœur à un liquidé, en plus affligé d'un certain âge....

Voilà les nouveaux pauvres".

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